L’ONG Christian Solidarity Worldwide a annoncé, le 22 août, la libération de huit orphelins, enlevés en 2019 d’un établissement chrétien du Nigéria. Depuis, ils étaient détenus dans un foyer géré par le gouvernement de l’état de Kano.
La Haute Cour de l’état de Kano avait pourtant prononcé leur retour dans l’orphelinat «au plus tard le 19 mars 2025». Cinq mois plus tard, le 14 août, c’est seulement huit des seize orphelins qui ont pu regagner leur famille adoptive, selon un communiqué de CSW daté du 22 août. Il s’agit de Solomon Musa Tarfa et son épouse, cofondateurs de l’orphelinat «Du Merci», pris pour cible par les autorités dans le cadre de la lutte contre la traite des être humains.
La libération de cette «détention arbitraire» aurait été rendue possible grâce à, ou plutôt à cause de la maladie d’une enfant souffrant de dépression nerveuse. Les huit plus jeunes enfants demeurent bloqués au foyer pour enfants Nasarawa, géré par le gouvernement du Nigéria.
Selon l’ONG, ils y subissent «des mauvais traitements, de l’ostracisme et des pressions pour se convertir» à l’islam. Le Nigéria est l’un des pays d’Afrique où les chrétiens subissent le plus de persécution à cause de leur foi. Il est classé au 7e rang de l’index mondial 2025 édité chaque année par l’ONG chrétienne Portes Ouvertes.
«Mettre fin à leur traumatisme»
Les 25 et 31 décembre 2019, 27 enfants avaient été arrêtés par la police et les services de lutte contre la traite des être humains dans les états de Kano et de Kaduna. Parmi les enfants encore détenus, trois auraient ainsi été «forcés de prier en arabe, de fréquenter une mosquée et d’étudier le Coran». Leurs noms auraient également été modifiés.
«Si nous sommes soulagés par le retour des huit enfants, nous sommes alarmés par le fait que les plus jeunes, qui ont le plus besoin de soins et d’encadrement parentaux, restent dans le même orphelinat public où les conditions ont précipité la dépression nerveuse de leur aînée», s’inquiète Scot Bower, président de CSW.
Par ailleurs, le défenseur des droits de l’homme souligne que «l’absence de leurs aînés les rend extrêmement vulnérables». Il exhorte donc le gouvernement de l’état de Kano «à mettre fin à leur traumatisme en les renvoyant sans plus tarder à la famille Tarfa.»
Source & Crédit Photo : Evangeliques.info