Figure de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, le pasteur évangélique John Perkins est décédé le 13 mars, a annoncé sa famille.
Acteur de la réconciliation qui a vécu la violence de la ségrégation raciale, le pasteur et militant évangélique pour les droits civiques John Perkins s’est éteint à 95 ans le 13 mars. Sa fille Elizabeth Perkins a annoncé la nouvelle sur Facebook : «Aux yeux du monde, il était le Dr John M. Perkins, une voix pour la justice, la réconciliation et l’Evangile de Jésus-Christ. Il a reçu dix-neuf doctorats honorifiques, mais surtout, il a été l’époux dévoué de sa femme, Vera Mae Perkins, pendant 74 ans, et ensemble, ils ont eu la bénédiction d’avoir huit enfants. Mais pour moi, c’était Papa.»
Retour sur les terres où le racisme est roi
John Perkins est né en 1930 dans le Mississippi, dans le plein sud des Etats-Unis, au temps des lois dites «Jim Crow»: un arsenal législatif qui asseyait le droit de priver les Noirs de leurs droits constitutionnels en permettant l’esclavage, l’interdiction de voter ou encore d’être reconnu comme citoyen étatsunien. Fils d’un métayer qui avait abandonné sa famille et orphelin de mère à sept mois, il a dû fuir en Californie quand un policier a abattu son frère, vétéran décoré de la Seconde Guerre mondiale, en 1947. C’est dix ans plus tard qu’il s’est converti.
Il a choisi de retourner en 1960 dans le Mississipi avec son épouse pour évangéliser et se battre en faveur des droits des Noirs. Dans un état encore ségrégationniste, son militantisme lui a valu d’être arrêté et torturé.
Un ouvrier de la réconciliation
Dans un hommage publié par The Gospel Coalition, le théologien Thaddeus Williams se souvient : «Lorsqu’il m’a raconté ces histoires pour la première fois, j’entendais encore la douleur râpeuse dans sa voix de baryton.» Il ajoute que malgré leurs différences sociales, entre lui jeune Blanc de la classe moyenne et l’ancien rescapé de la ségrégation, une amitié avait pu naître : «Comment aurais-je pu trouver un terrain d’entente avec un homme qui avait une expérience de l’Amérique si radicalement différente de la mienne ?»
Sur le site de John Perkins, une frise résume les principales étapes de sa vie. Elle rappelle qu’il a vécu dans un kibboutz en 1968, y découvrant un modèle de renouveau communautaire. Parmi les autres événements qu’il a vécu, il est mentionné qu’il est devenu ami en 1978 avec un ancien membre du Ku Klux Klan qui était emprisonné pour une durée de huit ans pour avoir tenté de tuer à la bombe un leader juif, alors que les autres pasteurs noirs doutaient de la repentance que le détenu exprimait.
En 1989, John Perkins a cofondé, à Chicago, la Christian Community Development Association sur les principes «relocalisation», «redistribution» et «réconciliation». Des responsables chrétiens se sont engagés à servir par tous les moyens sociaux possibles via l’organisation, les communautés pauvres au niveau local, et elle compte aujourd’hui 600 antennes, dans plus de 100 villes américaines.
Source & Crédit Photo : Evangeliques.info






