Après la présidentielle d’octobre 2025, alors que la Côte d’Ivoire tourne la page des tensions pour écrire celle de la réconciliation, une voix singulière continue de prêcher l’apaisement socio-politique. Celle du Révérend Ed Kan Kwamé, artiste-chantre gospel aux multiples casquettes, qui a fait de sa musique une arme de paix au service de son pays, contre les divisions.

Un appel divin transformé en acte de prévention pour son pays
Dans le paysage musical ivoirien, Ed Kan Kwamé ne s’est pas contenté seulement de gagner des âmes par sa musique. Mais, d’aller au-delà. Cet homme de Dieu, auteur-compositeur et conférencier, a su secouer les consciences citoyennes dans les moments difficiles. Alors que, le pays traversait un scrutin présidentiel décisif, ce serviteur pluridimensionnel avait lancé une offensive pacifique depuis l’Espace « Shalom » à Yopougon Niangon, Jatak pour un scrutin apaisé. Difficile, mais son initiative a été un pari gagné pour sa nation qui a frôlé juste le pire électoral. Aujourd’hui, dans l’après-élection, son combat est salué de tous comme une prévoyance salvatrice.

L’arme choisie était un simple morceau de quatre minutes, intitulé « L’Hymne à la Paix », dont les échos continuent de résonner pour bien cimenter la cohésion nationale. Tout commence en janvier 2024. Alors que, la Côte d’Ivoire s’apprêtait à abriter la Coupe d’Afrique des Nations, Ed Kan Kwamé affirme avoir eu une révélation concernant la victoire certaine de son pays pour une 3e étoile et une crise politique qui s’ensuivra après. « J’ai eu une vision concernant les futures élections. C’était terrible », confiait-il dans un entretien exclusif. Une vision politique sombre, d’après lui, qu’il a refusé de voir se réaliser.

Dieu, selon ses dires, lui aurait alors donné l’ordre de composer, chanter et d’aller en croisade contre les germes du mal. Le résultat de cette composition a donc été officiellement présenté le 8 septembre 2025, à quelques semaines du vote présidentiel. Devant la presse, entouré de plusieurs autres figures religieuses et traditionnelles telles que l’imam Soumahoro et Nanan Kouassi Nestor (Chef traditionnel), le Révérend Ed Kan Kwamé n’avait pas caché l’urgence du moment. « Aimer son pays, c’est refuser la violence. C’est choisir le dialogue, la tolérance et la paix », a-t-il martelé. Aujourd’hui, après un scrutin qui s’est déroulé dans une sérénité relative, beaucoup voient dans cette anticipation un acte prophétique de sa part. « Hymne à la Paix » : plus qu’une chanson, un héritage au service de son pays Arrangé par le Studio « Landdrich Production », le titre, inspiré de l’Abidjanaise, est devenu un classique instantané.

Disponible sur toutes les plateformes, le morceau se veut fédérateur pour une Côte d’Ivoire apaisée. Il ne s’agit pas ici d’un chant religieux classique, mais d’un appel citoyen universel qui a su dépasser les clivages politiques et confessionnels. « La paix est le socle de tout développement. Sans elle, aucune action n’est possible », insiste l’artiste-chantre. Ce dernier avait fait le choix fort de mettre entre parenthèses la vision économique de sa carrière musicale. « J’ai cinq albums prêts entre mes mains, mais j’ai interrompu la promotion. La situation socio-politique était prioritaire », précise-t-il. Désormais, dans le calme retrouvé, l’hymne est devenu un outil de reconstruction, joué lors des cérémonies de réconciliation au niveau local.

Un homme de terrain, de l’Église aux « désœuvrés »
La paix est, pour lui, comme projet de société et non comme un simple slogan. Pour comprendre l’engagement d’Ed Kan Kwamé, il faut regarder son parcours. Serviteur du Seigneur Jésus-Christ depuis 38 ans, il ne s’est jamais contenté des bancs de l’église. Consultant matrimonial sur les ondes, coach en développement personnel, il est surtout le fondateur de l’Espace événementiel « Shalom » dans la commune de Yopougon.

Ce lieu, bien plus qu’une salle de spectacle, est un refuge. Depuis vingt ans, il y accueille des jeunes désœuvrés, parfois addicts, pour les former à la danse et à la musique. « Certains d’entre eux dorment sur place », révèle-t-il. Aujourd’hui, tout comme lui, d’autres jeunes talents bien connus en milieu chrétien, à ses côtés, tels que KS Bloom ou Richard Kreme, propulsent aussi la scène du gospel ivoirien, en offrant une alternative positive à l’oisiveté post-crise. Le combat ne s’est pas arrêté au jour du scrutin. Le Révérend Ed Kan Kwamé avait annoncé le lancement d’une vaste caravane nationale de sensibilisation. Aujourd’hui, cette caravane s’est transformée en mission de consolidation de la paix.
Elle vise donc à sillonner le pays pour rappeler aux Ivoiriens que « la Côte d’Ivoire vient de loin ». Saluant l’initiative après coup, le chef Nanan Kouassi Nestor avait promis le soutien de la chefferie traditionnelle : « Notre parti, c’est la paix. Nous sommes prêts à vous accompagner. » Un soutien qui a porté ses fruits. Alors que les débats politiques s’apaisent sur les plateaux, Ed Kan Kwamé continue de chanter sur la fréquence de l’espérance nationale. Avec « L’Hymne à la Paix », cet homme aux talents multiples s’impose comme un acteur incontournable de la paix sociale. Ce qui prouve que la musique, quand elle est guidée par le devoir civique, peut non seulement prévenir les crises, mais aussi panser les plaies d’une nation.
Saint Bénifils






