À Beyrouth, les fidèles d’une petite Eglise protestante essaient tant bien que mal de se réunir malgré la guerre.
Pasteur de l’Eglise protestante française du Liban (EPFL), Brice Deymié vit au rythme des joies et des tragédies depuis qu’il est arrivé en septembre 2021. Dans un entretien publié par Réforme le 19 mars, il explique l’importance pour sa communauté de Beyrouth de continuer à se réunir.
La petite Eglise connaît la résilience, et elle a attendu plus d’un an l’arrivée de Brice Deymié en raison de la pandémie de Covid-19, rapportait Réforme dès 2021.
Ces dernières années sont cependant très éprouvantes pour ses membres, en raison des multiples conflits entre Israël et le Hezbollah. Trois conflits ont déjà éclaté depuis octobre 2023. «Des membres de la paroisse ont même connu la guerre entre 1975 et 1990. Et la communauté a tristement acquis des réflexes de guerre», soupire le pasteur.
Des repas pour «rentabiliser» la participation aux cultes
Pour éviter aux paroissiens de devoir trop circuler dans Beyrouth, l’Eglise a annulé toutes ses activités, sauf les cultes. L’ancien aumônier de prison raconte la stratégie de l’EPFL pour maintenir les cultes :
«Quand les membres viennent au culte, nous essayons de le combiner avec un repas et une autre activité pour ‘’rentabiliser’’ le déplacement. Car Israël prévient parfois quand il bombarde, mais pas toujours, et comme ce sont des frappes chirurgicales qui visent des personnes ou des institutions, le risque reste présent, même s’il n’est pas énorme car dans les quartiers plutôt chrétiens, il y a moins de risque.»
Des craintes de tensions communautaires
Le pasteur déplore par ailleurs la situation d’un pays englué dans des conflits décidés par le Hezbollah: «Je suis dépité de voir que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ne sert pas à grand-chose et qu’elle aurait dû avoir un mandat beaucoup plus étendu qui lui aurait permis d’empêcher le Hezbollah de construire des tunnels et d’accumuler des armes sur la frontière israélienne.»
«Les Libanais sont de plus en plus hostiles au Hezbollah», observe Brice Demyé, précisant que si « auparavant, le discours d’hostilité était tourné d’abord contre Israël et ensuite contre le Hezbollah, maintenant il s’inverse». La guerre engendre d’autres inquiétudes pour une communauté qui a vocation à accueillir, confie le pasteur: «Nous craignons évidemment des tensions communautaires, les chrétiens ayant de plus en plus de mal à accueillir les déplacés du sud car ils craignent que parmi eux se cachent des responsables du Hezbollah que les Israéliens voudraient éliminer.»
Source & Crédit Photo : Evangeliques.info






