En Guadeloupe, les pratiques dénoncées comme abusives des Églises pentecôtistes Renaissance attirent l’attention.
Une Eglise aux sermons faisant penser à des one-man-shows, une louange déchaînée, c’est ce qu’ont découvert d’emblée Sarah ou Mélanie (pseudonymes). Aujourd’hui, elles dénoncent des abus sectaires, comme d’autres anciens membres, et ont saisi la justice ou la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
Les Eglises Renaissance, présentes en Guadeloupe et dans les Caraïbes et dirigées par le couple Anthony et Keren Lambert, sont accusées d’intrusion dans la vie privée, d’exercer des pressions financières ou encore de décider des mariages, rapporte le média Outre-mer la 1ère dans un article du 10 mars.
L’isolement social dans la suractivité
Sarah n’a pas vu d’emblée la vraie nature de Renaissance. L’accueil était rôdé, et des jeunes femmes se sont intéressées à elle au bout de deux mois : «Elles sont venues m’aborder pour savoir qui j’étais, ce que je faisais dans la vie, depuis quand j’étais là», explique-t-elle à Outre-mer la 1ère, ajoutant : «Pour moi, ce sont clairement des techniques de recrutement.» Finalement, on lui a proposé d’intégrer l’équipe pastorale de cette Eglise membre et elle a accepté.
Cette appartenance au groupe s’est révélé être une sujétion. Sarah raconte avoir dû signer une charte stipulant les «conditions d’adhésion au service», telles qu’une obligation d’assiduité aux programmes de l’Eglise. «Chacun de ces programmes permet d’avancer vers la vision commune que nous avons», affirme la charte qui étaie chacune des obligations avec un verset. Occupée par ces obligations toute la semaine, Sarah déclare qu’elle n’avait «plus de vie», les activités s’enchaînant jusqu’à 23 heures. Elle avoue ne plus avoir eu le temp de voir ses proches.
Mariages arrangés et pressions financières
A Renaissance, le couple de pasteurs pousse au mariage, mais entre membres de l’Église, raconte Sarah. Pas question de fréquenter une personne de l’autre sexe étrangère à la communauté, sous peine d’être suspendu de l’Église ou radié de service. Le pasteur fixe des dates butoirs pour les fiançailles, et elle a dû s’engager peu après avoir rencontré un homme. À peine mariée, elle a découvert sa violence et a demandé le divorce. Depuis son départ de l’Église, elle aurait été traitée de «folle» par le pasteur.
Mélanie, elle, déplore les demandes financières, qu’il s’agisse de la dîme ou des cadeaux d’anniversaires pour Keren Lambert : «Je me demande où allait l’argent des offrandes et de la dîme», ajoute-t-elle cependant auprès du quotidien antillais. Le site de l’Eglise présente Anthony Lambert comme «apôtre et pasteur principal» et son épouse comme «pasteur».
Source & Crédit Photo : Evangeliques.info






