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Côte d’Ivoire : Le groupe de zouglou « Magic System » révèle « le secret de sa réussite avec Dieu » en 30 ans de carrière

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Le célèbre groupe zouglou ivoirien, « Magic System », actuellement sous les feux de la rampe juste, après la 18e édition du FEMUA, s’est confié sur le rôle central de Dieu dans son parcours. Dans un entretien accordé récemment à l’émission « Clique » sur Canal+, les artistes ont dévoilé les coulisses d’une réussite qui dure depuis trois décennies.

C’est avec une reconnaissance sans faille qu’A’salfo, le leader charismatique de « Magic System », s’est présenté sur le plateau de Mouloud Achour, le vendredi 7 mai 2026.

Alors que la capitale ivoirienne venait juste de vibrer au rythme du FEMUA, le groupe revient sur une longévité rare dans l’industrie musicale. « En 30 ans de carrière, Dieu a toujours été avec nous », a déclaré Salif Traoré (nom civil de l’artiste), pour montrer en une phrase les clichés sur la « réussite rapide ».

Un rituel avant d’être sous les projecteurs

Si les tubes comme « Premier Gaou » ont fait le tour du monde, le groupe assure que leur succès ne tient pas uniquement du talent. Invités à détailler leurs habitudes avant de fouler les planches, les quatre « magiciens » ont levé le voile sur ce qu’ils considèrent comme leur secret : la prière collective. Loin de l’image clinquante des loges d’artistes, A’salfo décrit un moment de recueillement indispensable.

« Avant de monter sur scène, dans les loges, on demande à Dieu de bénir d’abord tous ceux qui sont venus au concert », a-t-il confié.

Une approche altruiste qui guide leur carrière : « On lui demande de faciliter leur retour chez eux avant même que le concert ne débute. » Cette « onction », selon leurs termes, est ce qui permet de transformer une simple performance en un véritable partage de joie et d’énergie positive.

L’humilité face au piège de l’orgueil

Interrogés sur l’adversité et la tentation du succès, les membres de « Magic System », dont Manadja, Tino et Goudé, citent spontanément des versets bibliques, rappelant que « la tentation du talent peut devenir un piège ».

A’salfo a tenu à contextualiser leur combat : « Partir des quartiers pauvres d’Abidjan, où manger trois fois par jour est un luxe, puis voyager dans des avions privés… il faut de la mesure pour ne pas perdre l’humilité. »

Cette humilité, le groupe la met également en pratique sur le terrain. Si leur musique a franchi les frontières (300 000 singles vendus en France pour le seul titre « Premier Gaou »), leur cœur reste ancré dans les réalités sociales.

« Magic System » : de la musique à l’action humanitaire

Au-delà des projecteurs, le groupe s’investit massivement dans le tissu social ivoirien. Outre l’organisation du FEMUA, un festival gratuit dédié aux musiques urbaines, ils agissent via leur fondation éponyme.

Cet engagement leur a valu une reconnaissance internationale : A’salfo est ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO depuis le 6 septembre 2012, une nomination officialisée lors de la Journée mondiale de l’alphabétisation.

À ce titre, il avait notamment cédé les droits de son titre « Savoir » pour financer des projets d’alphabétisation en Afrique.

Alors que la question de l’intelligence artificielle était au cœur des débats du FEMUA 2026, le groupe semble avoir trouvé sa propre réponse face aux évolutions technologiques : garder la foi, ou, comme le résume A’salfo, « laisser Dieu contrôler les instruments et les voix », pour que la musique conserve son âme.

Saint Bénifils

 

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