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Chantre Gracieuse Gbaouo, une voix prophétique pour une génération en quête d’éternité

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Chantre, pasteure, épouse de prophète et présidente d’ONG, Gracieuse Gbaouo incarne une spiritualité multiple et engagée. Avec son premier album « Liké Popo », « les choses éphémères » en baoulé, elle porte un message d’urgence spirituelle. Une vision née de sa rencontre décisive avec le Christ et nourri par des années de formation théologique et d’expériences pastorales. Dans cet entretien exclusif, elle revient sur son parcours, ses inspirations musicales et ses ambitions pour cette œuvre qu’elle ne revendique pas comme sienne, mais comme un don reçu du Seigneur.

Votre premier album s’intitule « Liké Popo », ce qui signifie en baoulé « les choses éphémères ». Pourquoi ce choix, et quel message voulez-vous transmettre à ceux qui vous écoutent ?

J’ai choisi ce message pour emmener le peuple de Dieu à prendre conscience du caractère éphémère de la vie sur terre. Comme le dit la Bible dans le livre de 1 Pierre : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme » (1 Pierre 2 :11). J’ai ce fardeau d’exhorter à changer de vie et à s’accrocher au Seigneur qui est la vie éternelle. La Bible nous rappelle également la dimension éphémère de notre vie dans le livre de Matthieu : « Et que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? » (Matthieu 16 :26-27). « Liké Popo » est un message qui vient rappeler aux uns et aux autres que la vie sur terre est courte, vraiment courte. Donner sa vie à Jésus, c’est se garantir le bonheur éternel, et Jésus-Christ est le seul chemin qui mène à ce bonheur.

 Vous parlez d’un don hérité de votre mère, chansonnière. En quoi cette transmission familiale a-t-elle façonné votre univers musical et votre manière de chanter chaque note ?

Contrairement à beaucoup d’artistes, moi j’ai découvert ce don de la chanson à ma conversion. Je l’ai mis au service du Seigneur. Mes parents, par contre, chantaient, mais des chansons qui étaient en rapport avec la tradition baoulé. Vous savez, il faut savoir orienter le don parfait de Dieu en nous. Certains le mettent au service de leur divinité, d’autres au service des séductions de ce monde. Mais l’enfant de Dieu, lui, sait que son talent, il l’a reçu de Dieu, alors il ne peut que le mettre à son service. C’est un signe de reconnaissance vis-à-vis de Dieu.

 En 1995, votre rencontre avec le Christ a bouleversé votre vie. Sur le plan artistique, quel a été le véritable basculement ? Et en quoi cette conversion a-t-elle défini votre carrière musicale ?

Non, ma rencontre avec Jésus n’a pas provoqué un basculement dans ma carrière musicale, puisqu’avant de le rencontrer je n’avais pas conscience, comme je le disais plus haut, de mon talent. C’est bien lors de cette rencontre que je découvre le don de la chanson en moi. En quoi cette conversion a-t-elle défini votre carrière musicale ? Je dirais que ma rencontre avec Jésus m’a donné une mission : celle de gagner des âmes par sa parole à travers la musique.

 Votre album explore des thèmes profonds comme la consécration, les dons spirituels ou encore le parler en langues. Parmi les dix titres, y en a-t-il un qui vous est particulièrement cher ? Pourriez-vous nous raconter ce qu’il évoque pour vous ?

Tous les titres de cet album me marquent parce qu’ils sont tous des chansons inspirées du Seigneur. Aucun de ces titres n’est de moi. J’ai une relation particulière avec Dieu. Les chansons qu’il me communique sont des messages qu’il écrit et qu’il me transmet. Je ne sais pas comment vous le traduire dans mes explications. Cela dit, le titre « Génération » appelle toutes les classes d’âge – enfants, jeunes, adultes et vieux – à faire partie de la génération qui verra Jésus-Christ. Cela passe par une vie de consécration.

Avant de poser votre voix sur cet opus, vous étiez comptée parmi les fidèles de plusieurs communautés – Assemblées de Dieu, CEDAM – avant de cofonder votre propre mission avec votre époux, la MEGSA. Comment ces étapes successives ont-elles construit la femme, l’artiste-chantre et la servante de Dieu que vous êtes aujourd’hui ?

Le Seigneur m’a effectivement fait la grâce, dans ma marche avec lui, de faire son œuvre dans plusieurs communautés avant de le servir aujourd’hui à la MEGSA (Mission Évangélique de Guérison et Salut des Âmes). Comment ces différentes expériences ont-elles forgé mon identité d’artiste et de servante de Dieu ? Je dirais que la Parole de Dieu nous transforme en profondeur en renouvelant notre intelligence, en fortifiant notre foi, et en guidant notre comportement. Cette parole a construit en moi une artiste engagée pour l’Évangile, m’a révélé le ministère pastoral auquel Dieu m’a appelée, et a fait naître en moi une femme craignant l’Éternel.

 Vous êtes également présidente d’une ONG et très impliquée auprès des épouses d’élus de Dieu. Ces engagements sociaux et communautaires ont-ils un impact dans vos textes et dans votre ministère au quotidien ?

Ces engagements sont d’une importance capitale pour moi. C’est la matérialisation de mon appel pastoral. La bergère que je suis ne doit pas avoir qu’un seul champ missionnaire, c’est-à-dire les âmes de ma communauté. Avec mon ONG (NOE), j’arrive, avec mes modestes moyens, à venir en aide aux personnes qui sont dans le besoin, et avec le REMED (Rassemblement des Épouses des Élus de Dieu), nous œuvrons toujours pour le Seigneur. Je voudrais ici profiter de votre journal pour dire mes salutations à la présidente du REMED, Rev. Dr Gnépié Debora, qui m’a encouragée à croire en mon talent et à le mettre en évidence. Toutes ces expériences sont des témoignages qui m’inspirent dans mes chansons.

 Vous avez décroché une licence en théologie en 2005. Cette formation a-t-elle changé votre regard sur l’écriture musicale et sur ce que vous considérez comme une louange juste et profonde ?

Effectivement, la formation a toujours su nous orienter. Quand on n’est pas formé, on déforme. Ma formation en théologie m’a permis de voir les choses telles que Dieu nous les veut. La Bible nous dit que toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice (2 Timothée 3:16). Ces paroles sont édifiantes pour ma carrière d’artiste chrétienne, elles sont le socle des louanges et adorations que j’adresse au Seigneur sur son trône.

 À vos côtés, votre époux, le prophète Alain Gbaouo Daniel, partage votre cheminement à la MEGSA. Comment conjuguez-vous spiritualité, vie de couple et carrière musicale ? En d’autres termes, la musique a-t-elle une place particulière dans votre foyer et dans votre relation ?

Chaque chose a sa place, et il faut savoir justement planifier ces choses pour ne pas les chevaucher les unes aux autres. Quand il s’agit de faire l’œuvre de Dieu, je suis pasteur et également artiste-chantre. Quand je suis à la maison, je suis l’épouse et la mère. Les devoirs et obligations sont différents. J’en profite pour donner des conseils à la jeune génération : la femme doit être le reflet de la parole de Dieu dans son foyer. Elle doit être un modèle pour ses enfants et pour son entourage, fort d’un bon témoignage.

 « Liké Popo » est désormais disponible. Qu’attendez-vous de cet album ? Avez-vous déjà reçu des retours qui vous ont marquée, et quels sont vos rêves pour cette œuvre dans les mois à venir ?

Mon rêve est que les messages de cet album dépassent les frontières ivoiriennes. J’ai de bons retours au regard de l’accueil réservé à cet album. Notons que je suis à mon premier album ; vous êtes d’ailleurs le premier média que nous avons choisi pour lancer la promotion de « Liké Popo ». La promotion est à ses premières heures, mais déjà nous avons des retours encourageants pour la suite de l’album.

 Enfin, quel est le prochain chapitre pour Chantre Gracieuse Gbaouo ? La promotion de ce nouvel album, des collaborations, peut-être des tournées au-delà des frontières ivoiriennes ? Quels horizons souhaitez-vous embrasser pour votre carrière qui démarre maintenant ?

Pour l’heure, pas de collaboration. Nous venons d’arriver sur la scène de la musique chrétienne en Côte d’Ivoire. Notre prière, c’est que le Seigneur nous aide à porter loin son message, parce que ce n’est pas Gracieuse Gbaouo qui est vue, c’est plutôt l’œuvre du Seigneur qui est mise en avant. Nous comptons sur vous, les médias, pour nous aider à aller vers les extrémités de la terre pour annoncer la bonne nouvelle avec « Liké Popo ». Que le Seigneur vous bénisse !

Saint Bénifils

 

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