Le Révérend pasteur Édiémou Blin Jacob est décédé dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 octobre 2026, dans une clinique à Abidjan. Figure historique du Christianisme céleste en Côte d’Ivoire, il laisse derrière lui près de cinq décennies d’engagement religieux, mais aussi une Église fragilisée par de profondes divisions internes.

Le monde religieux ivoirien est en deuil. Le pasteur Édiémou Blin Jacob a tiré sa révérence, emportant avec lui une longue page de l’histoire du Christianisme céleste en Côte d’Ivoire.
L’annonce de sa disparition a été faite lundi 19 octobre par AMSE Kanon Luc, représentant légal en Côte d’Ivoire du pasteur mondial Emmanuel Oschoffa. « Notre patriarche s’en est allé vers le Père céleste et a rejoint le cercle des Saints », a-t-il annoncé.
Affaibli par la maladie, le responsable religieux avait récemment séjourné dans une clinique d’Abidjan avant de poursuivre sa convalescence. Le 8 octobre, il avait encore reçu la presse dans sa paroisse Saint-Raphaël de Vridi.
Quelques jours plus tard, des responsables religieux chrétiens et musulmans s’étaient mobilisés pour prier en faveur de son rétablissement. En vain.
Aucune annonce officielle concernant le programme des obsèques n’était disponible au moment de la rédaction de cet article.

Près de cinquante ans au service de la foi
Le parcours d’Édiémou Blin Jacob est étroitement lié à celui du prophète Samuel Biléou Joseph Oshoffa, fondateur du Christianisme céleste. Sa rencontre avec ce dernier, en 1975 au Bénin, marque un tournant décisif. En 1976, il renonce à sa carrière professionnelle pour se consacrer au ministère religieux.
Au fil des années, il gravit les échelons de l’Église et devient, en 2002, chef du diocèse ivoirien. Il occupe également des responsabilités au sein des instances internationales de la confession et préside le Forum national des confessions religieuses de Côte d’Ivoire.
Au-delà de la sphère ecclésiastique, il s’est engagé dans la promotion du dialogue interreligieux, de la paix et de la cohésion sociale.

Une disparition sur fond de divisions
Mais, ses dernières années auront été assombries par une crise institutionnelle persistante. Depuis la disparition du fondateur en 1985, le Christianisme céleste est traversé par des rivalités de leadership qui ont favorisé l’émergence de plusieurs tendances.
En 2025, Édiémou Blin Jacob a été relevé de ses fonctions de chef du diocèse ivoirien, au profit de Justin Kouamé Ackah. Une décision qu’il a contestée, continuant de revendiquer sa légitimité à la tête de la communauté.
Quelques jours avant sa mort, le pasteur avait pourtant lancé un nouvel appel au dialogue et à la réconciliation entre les camps opposés. Lors de sa conférence de presse du 8 octobre, il avait plaidé pour le pardon, l’unité et la prière commune. Il espérait voir les fidèles renouer avec la concorde.
Sa disparition intervient ainsi à un moment charnière pour l’Église : celui où l’appel à l’unité demeure entier, mais où son principal artisan ne pourra plus porter lui-même ce combat.
Un autre fait marque les esprits : sa mort est survenue le 19 octobre, date associée à l’inhumation du prophète Oshoffa en 1985, selon plusieurs récits de presse. Une coïncidence qui ne manquera pas de prendre une dimension particulière aux yeux de nombreux fidèles.
Avec la disparition d’Édiémou Blin Jacob, le Christianisme céleste ivoirien perd un témoin de son histoire et un défenseur du rapprochement entre ses fidèles. Reste désormais à savoir si son dernier appel à la réconciliation trouvera un écho auprès des différentes tendances de l’Église.
Saint Bénifils







